JEANNE D’ARC (FESTE KAISERIN)

La Feste Kaiserin, rebaptisé groupe fortifié Jeanne-d ‘Arc en 1919, est un fort de la seconde ceinture fortifiée des forts de Metz, en Moselle. La Feste Kaiserin est l’un des groupes fortifiés les plus vastes de ces fortifications. Situé à l’arrière des lignes pendant la Première Guerre mondiale, il subit les assauts des troupes alliées à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le groupe fortifié résista jusqu’en décembre 1944 et fut le dernier à se rendre à la fin de la bataille de Metz.

Le groupe fortifié Jeanne-d’Arc est construit à l’ouest de la ville de Châtel-Saint-Germain. Il devait contrôler la route Metz-Verdun et le plateau qui s’étendait vers Gravelotte. Commencé en 1899, le fort, baptisé Feste Kaiserin le 12 mai 1900, fut terminé en 1908. Les parties du fort appareillées en pierre de Jaumont furent renforcées pour la plupart par des dalles de béton armé, entre 1912 et 1914. Le système de fortification fut conçu pour s’adapter aux progrès grandissants de l’artillerie depuis la fin du xixe siècle. Basé sur de nouveaux concepts défensifs, tels que la dispersion et la dissimulation, le groupe fortifié devait constituer, en cas d’attaque, un barrage infranchissable pour les forces françaises. Le périmètre de protection du groupe fortifié Jeanne-d’Arc est assuré par un ensemble de positions d’infanterie, de casernes fortifiées et de batteries d’artillerie, disséminés sur une superficie de 131 ha, et dissimulés par la topographie naturelle. Le fort Jeanne-d’Arc pouvait abriter une garnison de 1 900 hommes. Il était armé de six canons de 100 mm, sur deux batteries, de six canons de 150 mm, sur deux autres batteries, et de quatre canons de 77 mm dans des casemates. Quatre casernes fortifiées, reliées par des galeries souterraines aux différentes batteries, abritaient les troupes. Quatre bastions d’infanterie situés aux quatre points cardinaux complétaient ce dispositif défensif. La Feste disposait de 14 coupoles d’observation et de 24 postes de guet. L’ensemble des ouvrages était relié par 2 350 m de tunnels. Un réseau de fils de fer barbelés, protégé par des mitrailleuses lourdes, encerclait chaque point défensif, le point ouest étant doté en plus d’une caponnière de terre. Un total de sept casernes, disséminées autour du site, pouvait porter la capacité des effectifs à plus de 2 580 hommes de troupes. Chaque caserne était protégée par une enveloppe de terre à l’arrière, comme c’était déjà le cas à Plappeville ou à Queleu, mais aussi et surtout par du béton armé, en façade et sur le dessus. Les ouvertures, portes, fenêtres et conduits de ventilation, étaient dotées de lourds panneaux de métal, pouvant être verrouillés. 4 570 m3 d’eau étaient disponibles. Enfin, 7 moteurs diesel, de 30 CV chacun, fournissaient l’énergie électrique nécessaire à l’ouvrage.

À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes du XVIe corps d’armée stationnées à Metz et à Thionville. À l’arrière des lignes allemandes pendant la Grande guerre, le fort ne connut pas l’épreuve du feu. Repris par les troupes françaises après 1919, certaines pièces d’artilleries furent récupérées pour réarmer les forts de Thionville appartenant alors à la ligne Maginot. Réinvesti par les troupes allemandes de 1940 à 1944, il fut le théâtre d’un affrontement meurtrier au cours de la bataille de Metz. Après la guerre, le fort Jeanne-d’Arc devint un centre de contrôle aérien militaire pour l’OTAN, géré par du personnel canadien, américain et français. Ce centre de contrôle, ouMoselle Common Area Control, gérait le trafic aérien sur l’Est de la France, le Luxembourg et l’Allemagne de l’ouest en liaison avec la Base aérienne Grostenquin. Les troupes de l’OTAN réhabilitèrent les casernes 3 et 4 du fort, occupant le groupe fortifié jusqu’en 1967. Le fort François de Guise, et le fort Marne complétaient ces installations militaires. La France maintint l’ensemble de ces installations opérationnelles jusqu’à la fin des années 1990. Toujours propriété du ministère de la Défense, ces installations militaires ne sont pas accessibles au public.

 

1

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s